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Le territoire Luberon-Lure s’adapte au risque incendie

avec le projet MediterRE3

Depuis 2021, le Parc du Luberon est engagé dans le projet de coopération internationale « MediterRE3 ». L’objectif : étudier comment réduire la vulnérabilité du territoire et adapter le paysage à l’augmentation du risque d’incendie.
Le Parc du Luberon est territoire pilote avec deux parcs nationaux du réseau Medforval (Parc national des Gorges de Samaria en Crête et Parc national du Prokletije au Monténégro).
L’intitulé MediterRE3 signifie « Restaurer la Résilience des paysages méditerranéens pour Réduire les émissions de gaz à effet de serre lors des incendies ».

Selon les études actuelles, les régions sous influence méditerranéenne, comme c’est le cas du territoire Luberon-Lure, connaîtront une augmentation significative de la puissance du feu au cours du XXIe siècle. Les scientifiques estiment que la superficie de terrains incendiés augmentera de 40 à 100 %.

Ce phénomène découle de plusieurs facteurs, dont :

  • le changement climatique (augmentation des températures, périodes plus longues de sécheresse estivale, etc.),
  • une gestion environnementale et une utilisation des terres inadéquates,
  • une simplification du paysage conduisant au développement d’interfaces à haut risque et à l’accumulation de biomasse sèche combustible.

Devant ce constat, point de fatalité ! Le projet MediterRE3 vise à réduire la vulnérabilité du territoire et adapter le paysage à l’augmentation du risque d’incendie.

Piloté par l’Institut Oikos, ce projet est composé de trois volets d’étude, décrits ci-dessous.

Avec le retour d’expérience des trois territoires et la participation d’experts internationaux, le projet propose toute une gamme de mesures préventives visant à adapter le paysage au changement climatique et le rendre moins vulnérable et plus résilient face aux incendies.

Ces mesures et préconisations, allant de la gestion de la biomasse combustible à l’organisation de la gouvernance, sont présentées dans un guide technique consultable en ligne.

> Télécharger la synthèse « Développement de paysages résilients aux incendies dans la région méditerranéenne »

> Télécharger le document complet « Building Fire-smart Landscapes in the Mediterranean Region: Problem Analysis and Selected Best Practices » (version anglaise, 110 pages)

Pour adapter les mesures au contexte local et au changement climatique, la prévision de l’évolution du régime des feux dans le futur est indispensable.

Ainsi, en parallèle du volet 1, l’Observatoire National d’Athènes (NOA) propose une méthodologie scientifique pour prédire l’évolution de la surface brûlée à l’horizon 2040 et 2070 sur chacun des trois territoires pilotes.

Pour le territoire Luberon-Lure, le modèle prédictif, calibré grâce aux donnés sur les feux passés (issues des bases de données « Promethée » et « BDIFF ») se base sur l’évolution de trois variables climatiques : l’indice de puissance des feux (FWI), l’indice de sécheresse (SPEI6) et la moyenne des températures maximales (TX).

Sur le territoire Luberon-Lure, le modèle prédit ainsi, à l’horizon 2040, une augmentation de près de 40 % des surfaces brûlées. À l’horizon 2070, la surface brûlée totale pourrait doubler.

Il est néanmoins possible d’infléchir cette augmentation en intervenant sur le territoire avec des mesures préventives. En effet, la modélisation qui étudie aussi l’évolution des surfaces brûlées avec des scénarii de gestion, montre qu’avec une augmentation de 5 % du territoire géré, il est possible de réduire de près de 12 % la surface brûlée.

> Télécharger le document « Création du modèle – estimer la surface brûlée à partir du climat » (version anglaise)

> Télécharger le document « Calibrage du modèle avec les données sur les feux passés » (version anglaise)

> Télécharger le document « Prévision de l’évolution de la surface brûlée avec le changement climatique » (version anglaise)

> Télécharger la synthèse du protocole (version anglaise)

Grâce aux outils développés dans les deux premiers volets, la finalité du projet est d’établir localement un plan d’actions de prévention en concertation avec les partenaires locaux du territoire comme l’ONF (Office national des forêts), le CNPF (Centre national pour la propriété forestière), le CERPAM (Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée), l’association des communes forestières (COFOR PACA), ou encore les collectivités locales comme DLVAgglo (Durance Luberon Verdon Agglomération). Le plan d’actions est en cours de finalisation et de validation actuellement.

Voici quelques exemples de pratiques proposées et à pérenniser sur le territoire.

  • Pérennisation du pastoralisme dans l’ensemble du territoire. L’élevage extensif en parcours est en effet un atout pour à la fois pour le maintien des milieux ouverts riches en biodiversité, véritables coupures de combustible dans le paysage, mais aussi dans la gestion de la biomasse combustible dans les interfaces à risque et le long des pistes.

(photo PNRL-Lilian Car)

  • Mieux gérer les milieux forestiers à travers la lutte contre la fragmentation des parcelles forestières, la régularisation des plans d’aménagement forestiers et la pérennisation d’actions comme garantir le vieillissement des forêts pour conserver des milieux plus fermés et frais.

(photo PNRL-Lilian Car)

  • Proposer des mesures de gestion pour les friches agricoles, souvent sources d’incendie car présentant une forte quantité de biomasse combustible non gérée et souvent localisées en interface avec des activités humaines sources de danger.
  • Garantir la réalisation des obligations légales de débroussaillement (OLD). Sur le territoire, chaque propriétaire d’un bâtiment situé à moins de 200 m d’un massif forestier à l’obligation de réaliser un débroussaillement de la végétation basse et de réduire la densité des arbres sur 50 m autour du bâtiment permettant à la fois de protéger les bâtiments d’un feu venant de la forêt et de protéger la forêt d’un feu venant des activités humaines. De nombreuses OLD ne sont malheureusement pas réalisées.

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L'ESSENTIEL

> Le projet Mediterre3 vise à étudier comment réduire la vulnérabilité du territoire et adapter le paysage à l’augmentation du risque d’incendie.
> 3 Parcs engagés : Luberon (France), Gorges de Samaria (Crête), Prokletije (Monténégro).

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Photo du bandeau : PNRL-Lilian Car

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