Le Vautour percnoptère du Luberon est un oiseau charognard qui a toujours suivi l’Homme et ses troupeaux. Durant des millénaires, il s’est nourri sur les carcasses qu’abandonnaient les bergers, les faisant bénéficier de son travail d’équarrissage naturel. Cette espèce est encore aujourd’hui emblématique de la biodiversité liée au pastoralisme. Mais le Vautour percnoptère, oiseau utile, étrange et inoffensif, est menacé d’extinction.

Vautour percnoptère © PNRL - Max Gallardo
Vautour percnoptère
© PNRL - Max Gallardo

Un “vieil” ami en difficulté

L’arrivée de l’ère industrielle et son influence sur les pratiques pastorales dès la fin du XIXe siècle, puis l’évolution récente de la règlementation sur l’équarrissage, ont mis à mal l’antique solidarité entre les hommes et les oiseaux. Ne trouvant plus suffisamment de nourriture accessible, mais aussi victime du fusil de tireurs irréfléchis, puis de nos jours des dérangements liés à la fréquentation touristique de ses sites de nidification, le petit vautour a peu à peu disparu. “Lou Peyre Blanc”, l’un de ses noms en provençal, est cependant parvenu à traverser le temps jusqu’à notre époque.

En France, il en reste à peine une centaine de couples : 80 dans les Pyrénées, une vingtaine dans le quart sud-est. Il est toujours présent dans le massif du Petit Luberon et les monts de Vaucluse. Le Parc du Luberon œuvre depuis sa création à préserver et à restaurer les effectifs de ce vieux compagnon de route des bergers.

Une vie de Percnoptère

Le Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) est un grand rapace mais le plus petit des vautours européens. Son envergure se situe entre 1,6 et 1,8 mètre, pour un poids allant de 1,5 à 2,5 kg. À la différence des autres vautours, il ne se nourrit pas que de cadavres de mammifères. Il consomme également divers types de déchets organiques, et même de petites proies (petits reptiles, gros insectes). C’est pourquoi son bec n’est pas très fort, mais plutôt long et fin.

Le Percnoptère vit longtemps, de 20 à 40 ans. Le maintien de ses effectifs dépend fortement de la survie des adultes, et de leur capacité à produire des jeunes chaque année au cours de leur vie. Il fait son nid dans des cavités des parois rocheuses. Cela le met à l’abri des prédateurs et lui assure la tranquillité…excepté en cas de fréquentation touristique du site.

L’accouplement a lieu fin mars-début avril, puis la ponte fin avril-début mai (1 à 2 œufs). La couvaison dure une quarantaine de jours, les deux adultes se relayant. Un poussin prendra son envol entre 2,5 et 3,5 mois après l’éclosion.

Vautour percnoptère se nourrissant sur un charnier © PNRL-Max Gallardo
Vautour percnoptère se nourrissant sur un charnier
© PNRL-Max Gallardo

Un oiseau migrateur Luberon-Sahara

Le Percnoptère est un migrateur qui passe l’hiver en Afrique. Chaque année, il arrive dans le Petit Luberon et les monts de Vaucluse en mars, et repart en septembre.

Après son envol, un jeune Percnoptère part rapidement, survolant Provence, Languedoc puis Roussillon, avant de franchir les Pyrénées. Il poursuit à travers l’Espagne pour passer la Méditerranée au détroit de Gibraltar. Il traverse ensuite Maroc et Algérie, pour s’arrêter au sud de la Mauritanie ou au Mali.

Le Vautour percnoptère reste au sud du Sahara durant ses 2 à 3 premières années, sans revenir en Europe. Il y trouve des ressources liées au pastoralisme, grâce aux troupeaux des bergers nomades du Sahel. Il se nourrit aussi sur les décharges et avec quelques cadavres de gazelles. En Afrique aussi, il joue son rôle d’éboueur et d’équarisseur naturel.

Les jeunes sont reproducteurs dès l’âge de 4 à 5 ans, période à partir de laquelle ils feront l’aller-retour chaque année.

Appelé aussi “Percnoptère d’Égypte”, il a été considéré comme une divinité aux temps des pharaons. Comme tous les oiseaux migrateurs, il incarne un trait d’union entre Europe et Afrique, continents qu’il rallie sans relâche d’une saison à l’autre tout au long de sa vie. Le Vautour percnoptère est classé « En danger d’extinction » sur la liste rouge mondiale des espèces menacées.

En déclin sur l’ensemble de son aire de répartition mondiale, c’est l’un des oiseaux les plus menacés de France et d’Europe. Le Parc du Luberon répond à ce fort enjeu de conservation de la biodiversité en menant des actions sur le long terme.

  • Vautour percnoptère en Afrique © PNRL - Max Gallardo
    Vautour percnoptère en Afrique
    © PNRL - Max Gallardo
  • Dromadaires dans le Sahara © PNRL - Max Gallardo
    Dromadaires dans le Sahara
    © PNRL - Max Gallardo

L'ESSENTIEL

> 12 couples de Percnoptère présents en Luberon dans les années 1950.
> 4 couples présents aujourd’hui.

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Photo du bandeau : Vautours percnoptères jeune et adulte © François Desbordes

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