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Conserver les mares et amphibiens du Luberon

Un patrimoine remarquable à préserver

Les mares constituent de petites oasis de vie dans le contexte méditerranéen globalement sec du Luberon. Bien souvent méconnues et malmenées, elles nous rendent pourtant service et regorgent d’une grande richesse biologique, avec notamment la présence d’amphibiens tels que le Pélobate cultripède, espèce rare et menacée.

Les mares, un patrimoine remarquable

L’appellation « mares » regroupe des petites zones humides, d’origine naturelle ou artificielle, correspondant à des points d’eau peu profonds, permanents ou temporaires, bordés d’une végétation spécifique (roseaux, joncs, saule, peuplier).

  • Mare Les Combes à Viens (photo PNRL-Jérôme Brichard)
    Mare Les Combes à Viens
    (photo PNRL-Jérôme Brichard)
  • Mare Les Tours à Goult (photo David Tatin)
    Mare Les Tours à Goult
    (photo David Tatin)
  • Mare Les Daunis à Joucas (photo PNRL-Jérôme Brichard)
    Mare Les Daunis à Joucas
    (photo PNRL-Jérôme Brichard)

Une régression régulière

À l’instar des autres types de zones humides, les mares sont victimes d’une régression régulière. Leur discrétion, leur répartition souvent diffuse et l’absence quasi générale de mesures de protection, les rend particulièrement vulnérables. Or, ces milieux assurent de nombreuses fonctions.

  • Véritables réservoirs de biodiversité, elles sont des habitats vitaux pour un grand nombre d’espèces, dont plusieurs sont rares et menacées, et constituent des écosystèmes « relais » qui favorisent l’alimentation et le déplacement des espèces.
  • En réseau, elles peuvent contribuer à la régulation du cycle de l’eau et rendre des services en participant à la protection contre des inondations (ralentissement et stockage des eaux de ruissellement) et à l’amélioration de la qualité de l’eau (filtration des polluants et stockage du carbone).
  • Elles peuvent avoir une haute importance sociale, économique ou culturelle car la plupart ont été créées pour répondre à des besoins agricoles, industriels ou domestiques. Elles possèdent également de fortes potentialités de valorisation pédagogique et éducative compte tenu de leur richesse biologique, de leur fonctionnement et de leur usage passé ou présent.

Sur le territoire du Parc naturel régional du Luberon, 60% des zones humides inventoriées sont des mares et 80% d’entre elles sont situées sur le bassin versant du Calavon-Coulon. La plupart sont d’origine humaine liée principalement aux activités passées d’exploitation des ocres et à l’irrigation agricole.

9 espèces d’amphibiens abritées dans les mares du Luberon

Les mares constituent des biotopes originaux au sein des zones sèches du Luberon. Elles abritent une biodiversité importante, en particulier concernant le groupe des amphibiens qui est riche de 9 espèces différentes. Ces amphibiens sont tous très utiles car ils font office d’insecticide naturel pour les agriculteurs et les jardiniers puisqu’ils se nourrissent d’insectes et d’invertébrés (limaces, escargots…).

Le Pélobate cultipède, un amphibien caractéristique des mares du Luberon mais menacé

Parmi les espèces présentes dans les mares, le Pélobate cultripède (ou crapaud à couteaux) est une espèce emblématique du Luberon.

  • Pélobate cultripède (photo David Tatin)
    Pélobate cultripède
    (photo David Tatin)
  • Enfouissement du Pélobate cultripède
    Enfouissement du Pélobate cultripède
    (photo PNRL-Jérôme Brichard)

À l’échelle mondiale, le Pélobate cultripède présente une répartition très réduite (péninsule ibérique, côte atlantique et sud de la France). En France, environ 150 stations sont connues, dont une trentaine en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Le Vaucluse abrite 80% des sites de la région, dont les ¾ sont situés sur le bassin versant du Calavon-Coulon.

50% des mares de reproduction de l’espèce sont sur le site Natura 2000 « Le Calavon et l’Encrème » et sur l’Espace naturel sensible de la colline de La Bruyère, au cœur du Parc naturel régional du Luberon.

Répartition du Pélobate cultripède dans le Luberon (carte PNRL-Muriel Krebs)
Répartition du Pélobate cultripède dans le Luberon
(carte PNRL-Muriel Krebs)

En raison de sa régression notable du fait de la dégradation et la fragmentation de ses habitats, le Pélobate cultripède figure sur les listes rouges des espèces menacées au niveau mondial, national et régional. Dans notre région, il est considéré en danger critique d’extinction.

— Un enjeu fort de préservation

Le territoire du Parc du Luberon concentre les plus fortes populations provençales. Il porte par conséquent une responsabilité majeure en matière de conservation pour cette espèce.

Depuis 2002, le Parc du Luberon mène des actions portant sur :

  • l’amélioration des connaissances (inventaires, suivis scientifiques),
  • la maîtrise foncière des sites de reproduction (convention d’usage ou acquisition),
  • la gestion des mares (travaux d’entretien, de restauration ou de création),
  • et des actions de sensibilisation aux enjeux de biodiversité sur ces milieux.

— Voir la vidéo « Conserver les mares et les amphibiens du Luberon »

Dans le Parc naturel régional du Luberon, les mares assurent de nombreuses fonctions : régulation du cycle de l’eau, réservoir de biodiversité, support d’activités économiques. Elles accueillent des espèces de faune et de flore rares et spécifiques à ces milieux, dont font partie les amphibiens.

Réalisée par David Tatin (Orbisterre)

CHIFFRES CLÉS

> 500 zones humides inventoriées sur le territoire Luberon-Lure, dont 328 mares
> 9 espèces d’amphibiens : Salamandre tachetée, Triton palmé, Crapaud épineux, Crapaud calamite, Alyte accoucheur, Grenouille rieuse, Rainette méridionale, Pélodyte ponctué, Pélobate cultripède
> 21 mares de reproduction du Pélobate cultripède concentrées sur le bassin versant du Calavon sur les 28 connues dans le Vaucluse
> Habitat de prédilection de l’espèce : mares souvent temporaires situées dans un environnement terrestre au terrain meuble et sablonneux peu végétalisé

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Photo du bandeau : Mare Le Plan à Oppède (David Tatin)

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2020-11-16T11:23:26+00:00

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