La présence de nombreux sites naturels remarquables a contribué à la création et à la renommée du Parc naturel régional du Luberon. Le caractère exceptionnel de ce patrimoine naturel réside dans la diversité et la beauté de paysages composés de milieux naturels variés abritant chacun une faune et une flore bien particulières, et souvent hérités d’un équilibre ancien avec les activités humaines.

Les milieux rocheux du Luberon

Du fait d’une histoire géologique riche en événements, les milieux rocheux sont très présents. Les massifs calcaires, tels le Petit Luberon et les monts de Vaucluse, présentent des canyons et combes encadrés d’impressionnantes parois rocheuses. Ces milieux dits “rupestres” abritent les nids de rapaces parmi les plus grands et les plus rares d’Europe : Vautour percnoptère, Aigle de Bonelli, Aigle royal, Hibou grand-duc.

Les pentes et les crêtes sont rocailleuses, parsemées d’éboulis ou couvertes de forêts et garrigues à chêne vert et romarin, donnant des paysages typiques de l’arrière-pays provençal.

Falaises de Buoux © Françoise Lepron
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Les crêtes du Grand Luberon © PNRL-Julien Baudat-Franceschi
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Les milieux ouverts du Luberon

Les secteurs les plus originaux et les plus riches pour la biodiversité sont les milieux ouverts : garrigues basses et pelouses sèches parcourues depuis des siècles par les troupeaux de brebis ou de chèvres. Tandis qu’à basse altitude, ces milieux possèdent des cortèges d’espèces animales et végétales typiques de la biodiversité méditerranéenne, comme sur les crêtes du Petit Luberon ou les craux de St-Michel-l’Observatoire, on trouve déjà quelques influences alpines sur les crêtes du Grand Luberon, le plateau de Lagarde-d’Apt et la montagne de Lure.

Les espèces méditerranéennes et alpines forment ici des assemblages originaux constitutifs du charme des montagnes provençales et, à l’image de la Vipère d’Orsini, certaines d’entre elles sont même caractéristiques de la rencontre entre ces deux mondes.

Les milieux agricoles du Luberon

En plaine et dans les vallées, comme dans les collines bordant les principaux massifs montagneux, les milieux agricoles sont organisés en une étroite mosaïque paysagère. Ici, ce ne sont pas les grands espaces, mais au contraire une infinité de paysages, intimes et secrets, qui forment toute l’identité du Parc du Luberon.

Le maintien d’une agriculture encore largement extensive a permis la sauvegarde de nombreuses plantes messicoles (bleuets, adonis, miroirs de Vénus…), espèces associées aux cultures de céréales depuis des temps immémoriaux, mais en voie de disparition sur le territoire national.

Cette campagne, aux multiples cultures (vignes, vergers, lavandes, maraîchage, prairies…), entrecoupée de haies, ponctuée de cabanons en pierre sèche et de hameaux, est propice à une faune depuis longtemps adaptée à ces paysages humanisés. Parmi les espèces emblématiques, citons la Chouette chevêche, les pies-grièches, les alouettes, le Hibou petit-duc, le Rollier, le Lapin de garenne… Cette biodiversité des milieux agricoles est très fragile et comprend de nombreuses espèces dont les effectifs chutent de façon alarmante. Localement, les pays d’Apt, d’Aigues et de Forcalquier conservent encore aujourd’hui des paysages agricoles issus de l’ancienne société rurale, qu’il est primordial de préserver.

Champ de messicoles © Hervé Vincent
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La forêt des Cèdres du Petit Luberon © PNRL-Aline Salvaudon
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Les milieux forestiers du Luberon

Les forêts couvrent plus de la moitié du territoire du Parc naturel régional du Luberon. On y trouve une grande diversité de milieux forestiers correspondant à des réalités écologiques différentes.

  • Aux altitudes basses, les garrigues hautes à chêne vert avoisinent avec de jeunes chênaies blanches, pinèdes à Pin d’Alep ou Pin maritime. Ces formations sont le plus souvent le résultat d’une recolonisation des espaces suite à la déprise rurale.
  • La cédraie du Petit Luberon, plantée au XIXe siècle à partir de semis provenant d’Algérie, constitue une originalité tant écologique qu’esthétique.
  • Plus en altitude, la hêtraie apparaît sous une forme méridionale, comme sur le plateau de Lagarde-d’Apt et les flancs nord du Grand Luberon.
  • La montagne de Lure, sommet de la Réserve de biosphère, accueille les formations forestières les plus montagnardes (hêtre, pin sylvestre et même sapin dans les combes les plus froides) et héberge deux espèces d’oiseaux forestiers montagnards particulièrement localisés et fragiles : le Tétras lyre et la Gelinotte des bois.

Les milieux humides du Luberon

Comme dans les autres régions méditerranéennes, caractérisées par la sécheresse du climat, les milieux humides sont plutôt rares et localisés dans le Parc du Luberon. Parmi les cours d’eau, seule la Durance, qui prend en écharpe le territoire en ses limites est et sud, bénéficie d’un écoulement permanent sur l’ensemble de son tracé. Elle forme un complexe sans cesse remodelé de milieux humides ouverts et forestiers (les “ripisylves”), de pièces d’eau aux niveaux variables qui sont le royaume de la Rainette méridionale, du Blongios nain, de la Cistude d’Europe, du Castor, de multiples libellules et espèces piscicoles typiques des cours d’eau méditerranéen comme le Barbeau méridional.

On retrouve ces mêmes espèces et milieux naturels dans les autres cours d’eau (Calavon, Aiguebrun, Largue, Laye, Lauzon, Eze), mais de façon plus localisée et intermittente, à l’image de leur écoulement ! En têtes de bassins versants, certains ruisseaux hébergent encore l’Écrevisse à pattes blanches.

Au-delà de ce réseau de cours d’eau, d’autres zones humides émaillent le territoire du Parc :

  • les prairies humides, telles celles de l’Encrême, qui se couvrent en avril de la floraison du Narcisse des poètes ;
  • des mares, temporaires ou non, mais le plus souvent artificielles. Certaines d’entre elles, dans le bassin d’Apt, hébergent un petit crapaud rare et menacé, le Pélobate cultripède.

Objets de multiples enjeux économiques et urbains depuis de nombreuses décennies, les zones humides figurent parmi les milieux naturels les plus vulnérables. Dans le contexte du changement climatique, l’urgence de leur préservation est plus d’actualité que jamais.

Pélobate cultripède © David Tatin
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Pélobate cultripède (Pelobates cultripes) dans les ocres du Luberon. Espèce protégée. Parc naturel régional.

Photo du bandeau : Forêt de Pélissier dans les Alpes de Haute-Provence ©David Tatin

L'ESSENTIEL

/ 69 064 ha de zones de nature et de silence
/ 6 bassins versants
/ 9 sites Natura 2000
/ 28 sites géologiques protégés par la Réserve naturelle géologique

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